Comment commencer une démarche zéro déchet ? Guide pour débutants
Vous avez envie de réduire vos déchets mais vous ne savez pas par où commencer ?
Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin de vider votre maison, d’acheter 25 accessoires zéro déchet ni de fabriquer vous-même votre lessive.
La première étape est beaucoup plus simple : regardez ce qui remplit votre poubelle.
L’idée n’est pas de devenir parfait du jour au lendemain. Une démarche zéro déchet, ça se construit progressivement : on identifie un déchet facile à éviter, on teste une alternative, on garde la solution si elle nous convient… puis on passe au suivant.
Et si vous ne devez retenir qu’une chose : ne cherchez pas à tout changer. Commencez par changer quelque chose. Puis recommencez.
1. Avant de tout changer, regardez ce qu’il y a dans votre poubelle
Si vous vous intéressez au zéro déchet c'est que vous faites déjà le tri sélectif, sinon commencez déjà par trier, et revenez lire cet article après.
Regardez votre poubelle d’emballages, c'est un excellent point de départ.
Regardez simplement ce qui revient le plus souvent.
Vous avez énormément de bouteilles d’eau ? Commencez par là.
Vous pouvez passer à l’eau du robinet. Et si la qualité de votre eau vous inquiète, vous pouvez éventuellement ajouter un système de filtration.
Vous avez une montagne de bidons de lessive ?
C’est peut-être le moment de passer à une lessive sans bidon, par exemple des paillettes à dissoudre.
Vous avez une salle de bain remplie de flacons ?
Regardez du côté des savons et shampoings solides.
Pourquoi commencer par ce qui remplit votre poubelle ?
Parce que le résultat est immédiatement visible.
Si votre poubelle jaune déborde de bouteilles en plastique et que vous n’en achetez plus, elle va forcément se remplir moins vite.
Et ce petit résultat est plutôt agréable à constater, et la corvée de sortir vider votre poubelle revient moins souvent, ça vous motive à continuer.
Vous vous dites : « Tiens, j'ai déjà supprimé ça. Qu'est-ce que je pourrais enlever ensuite ? »
C’est comme ça que les habitudes s’installent.
Pas en changeant toute sa vie en une semaine.
💡 La méthode la plus simple pour commencer
Regardez votre poubelle et posez-vous cette question : Quel est le déchet que je produis en grande quantité et que je pourrais facilement éviter ? Commencez par celui-là.
2. Votre priorité : réduire le plastique évitable
Chez moi, la priorité est assez claire : le plastique.
Pourquoi ?
Parce que le plastique est fabriqué à partir du pétrole. Avant même de devenir une bouteille, un flacon ou un emballage, il a donc fallu l'extraire et le transformer.
Et contrairement à une idée assez répandue, le recyclage ne règle pas le problème.
Tous les plastiques ne sont pas recyclables. Et même lorsqu’un plastique est techniquement recyclable, cela ne signifie pas forcément qu’il sera effectivement recyclé.
En France, les capacités de recyclage existent pour certains plastiques d’emballage, mais une partie importante des déchets plastiques n’est pas recyclée. En 2020, l’ADEME estimait notamment que moins de 15 % du gisement de déchets plastiques était effectivement recyclé.
Le recyclage du plastique rencontre également des limites techniques : les propriétés du matériau se dégradent au fil des cycles et les plastiques recyclés peuvent présenter des enjeux de santé liés aux substances qu’ils contiennent.
Bref : trier ses déchets reste évidemment indispensable, mais éviter de produire le déchet en premier lieu est bien plus intéressant.
Est-ce que cela signifie qu’il faut supprimer tout le plastique ?
Non.
Il existe des usages où le plastique est particulièrement utile, notamment dans le domaine médical.
Le problème, ce n’est donc pas simplement « le plastique existe ».
La bonne question est plutôt : Est-ce qu’on a vraiment besoin de ce plastique ? Un couvert en plastique utilisé pendant cinq minutes puis jeté ? On peut s’en passer. Une éponge synthétique fabriquée à base de pétrole alors qu’une éponge textile lavable peut faire le travail ? Là encore, on peut changer.
En revanche, pour certains usages où le plastique apporte une vraie fonction de sécurité ou d’hygiène, la question est différente.
Du plastique jetable au réutilisable
Quand vous cherchez une alternative, pensez donc dans cet ordre :
Est-ce que je peux supprimer ce produit ?
Sinon :
Est-ce que je peux remplacer le jetable par du réutilisable ?
Et si le produit doit rester consommable :
Est-ce que je peux au moins supprimer son emballage plastique ?
C’est exactement le principe du shampoing solide : le produit reste un shampoing, mais on supprime le gros flacon plastique....et on arrête d'acheter de l'eau !
3. Ne changez surtout pas toute votre maison en un week-end
C’est probablement l’erreur numéro 1 quand on commence.
On découvre le zéro déchet, on est motivé, on veut bien faire et… on veut tout changer.
Les courses.
La salle de bain.
La lessive.
La cuisine.
Les produits ménagers.
Les cotons.
L’essuie-tout.
Les emballages.
Et trois jours plus tard, on est épuisé.
Ce n’est pas le but.
Le zéro déchet n’est pas une compétition
Pour moi, il n’y a pas de réussite ou d’échec.
On n’est pas là pour se donner des bons points parce qu’on a une petite poubelle ou des mauvais points parce qu’on a encore acheté un produit emballé.
L’objectif est beaucoup plus simple : prendre conscience de notre consommation de plastique et réduire progressivement notre empreinte.
Tout ce qu’on arrive à supprimer est bon à prendre.
Une habitude à la fois
Le plus efficace est de changer une chose, puis de laisser cette nouvelle habitude s’installer.
Une fois qu’elle est devenue naturelle, vous pouvez passer à la suivante.
Et si une solution ne fonctionne pas ?
Ce n’est pas grave.
Vous essayez autre chose.
4. Trois changements faciles pour commencer
Si vous avez besoin d’idées très concrètes, voici trois changements que je trouve particulièrement faciles pour débuter.
Et j’aime bien l’idée d’en choisir un dans chaque pièce : cuisine, buanderie et salle de bain.
Dans la salle de bain : le shampoing solide
C’est probablement l’un des changements les plus faciles à adopter.
Un shampoing solide est compact, ne nécessite pas de gros flacon plastique et peut durer longtemps.
Et surtout, il lave super bien les cheveux.
Personnellement, c’est le genre de changement pour lequel je n’ai absolument aucune envie de revenir en arrière. Quand je suis à court de shampoing solide je ne prend aucun plaisir à utiliser un shampoing liquide.
Dans la buanderie : la lessive en paillettes
Les bidons de lessive sont lourds, encombrants et descendent à une vitesse folle pour une famille.
Si vous n’avez pas envie de fabriquer votre lessive vous-même, vous pouvez simplement utiliser des paillettes à dissoudre. Ca ne prend que quelques minutes à "fabriquer" et chacun peut doser comme il a envie, mais éviter d'avoir quelque chose de trop pâteux pour ne pas abimer votre machine à laver.
Personnellement, un sac me dure quasiment un an.
Et là, le bénéfice ne se limite pas aux déchets : moins de plastique, moins de poids dans le caddie, moins d’argent dépensé dans des bidons qui contiennent surtout de l'eau et surtout moins de charge mentale.
Quand on n’a plus besoin d’acheter de lessive pendant des mois, c’est quand même plutôt agréable.
Dans la cuisine : l’éponge lavable
C’est probablement l’une des alternatives les plus simples à tester.
Une éponge jetable finit à la poubelle après quelques semaines.
Une éponge lavable peut être utilisée, lavée et réutilisée parfois plusieurs années.
Pas besoin de révolutionner toute votre cuisine pour commencer.
5. Faut-il acheter plein de produits zéro déchet ?
Non.
Et c’est important de le préciser parce que le comble serait de vouloir réduire ses déchets… en achetant une montagne de nouveaux objets !
Commencez par regarder ce que vous avez déjà chez vous.
Un vieux pot de confiture peut devenir un contenant.
Un ancien bidon peut servir à stocker votre lessive.
Un vieux tee-shirt peut devenir un chiffon.
Vous avez déjà des boîtes hermétiques ? Utilisez-les.
Le meilleur produit zéro déchet est parfois celui que vous possédez déjà.
Mais zéro déchet ne veut pas dire ne plus rien acheter
Pour autant, je ne suis pas du tout adepte du zéro déchet version « vous ne devez plus rien consommer et fabriquer tout vous-même avec trois ingrédients trouvés au fond d'un placard ».
Parce que soyons honnêtes : si votre vision du zéro déchet consiste à ne plus vous faire plaisir et à vous laver avec des cendres, ça ne donne pas vraiment envie de rejoindre le mouvement !
Il existe aujourd’hui des produits manufacturés, agréables à utiliser, efficaces, fabriqués en France et proposés par des marques engagées.
Et c’est aussi ça, pour moi, le zéro déchet : faire évoluer une partie de sa consommation vers des produits plus durables et des marques qui ont fait d’autres choix.
C’est intéressant pour réduire ses déchets, mais aussi pour soutenir une production locale lorsque c’est possible.
Bref, on peut consommer autrement sans arrêter de consommer.
6. Et si une alternative zéro déchet ne vous convient pas ?
Voilà quelque chose qu’on oublie souvent dans les conseils zéro déchet : une solution peut être géniale pour quelqu’un et totalement nulle pour vous.
Et ce n’est pas grave.
J’ai par exemple testé pas loin d’une dizaine de déodorants solides.
Aucun ne m’a convaincue.
Alors j’ai arrêté.
Je garde mon déodorant de grande distribution.
Parce que je n’ai pas envie de puer et je n’ai pas non plus envie de me retrouver avec des traces de déodorant sur tous mes tee-shirts.
Fin de l’histoire. 😄
Cela ne signifie absolument pas que les déodorants solides ne fonctionnent pour personne.
Cela signifie simplement que je n’ai pas trouvé celui qui me convient.
Il faut tester.
Et si ça ne marche pas pour vous, passez à autre chose.
Votre démarche zéro déchet doit rester compatible avec votre quotidien
Le but n’est pas de vous imposer une contrainte tellement pénible que vous abandonnerez tout dans trois semaines.
Une bonne alternative est une alternative que vous avez envie de continuer à utiliser.
7. Comment choisir une bonne alternative zéro déchet ?
Lorsque je sélectionne les produits que je propose, je regarde plusieurs choses.
1. Le conditionnement
C’est l’un de mes premiers critères.
Je cherche à éviter le plastique dans le conditionnement.
Parce que pour moi un produit bio ou écologique dans un conditionnement plastique jetable ça n'a pas beaucoup de sens.
2. Le réutilisable avant le jetable
Quand un produit peut être réutilisé plutôt que jeté après quelques utilisations, c’est une piste intéressante.
Une éponge lavable en est un bon exemple.
3. Pour un consommable : combien de temps va-t-il durer ?
Le prix affiché ne raconte pas toute l’histoire.
Un produit deux fois plus cher qui dure dix fois plus longtemps est, à l’usage, cinq fois moins cher.
C’est donc la durée de vie qu’il faut regarder, et pas uniquement le prix en rayon.
4. Où est-il fabriqué ?
Pour moi, la fabrication française compte.
Parce que si on réduit l’impact d’un produit d’un côté mais qu’on lui fait parcourir des milliers de kilomètres avant d’arriver chez nous, il faut quand même se poser la question de la cohérence globale.
5. Et la formulation ?
C’est la cerise sur le gâteau : les labels et certifications.
Bio, Ecocert, bonne évaluation Yuka…
L’objectif est d’éviter de remplacer un produit par une alternative dont la formule serait finalement discutable.
8. Le zéro déchet coûte-t-il vraiment plus cher ?
C’est une question que l’on me pose souvent.
Et la réponse est un peu plus subtile que « oui » ou « non ».
Au départ, il peut effectivement y avoir un investissement.
Acheter des bocaux si vous passez au vrac.
Acheter une éponge lavable à 7 € alors qu’une éponge jetable coûte 50 centimes.
Mais ces produits peuvent ensuite être utilisés beaucoup plus longtemps et au final des économies sont souvent à la clef à moyen long terme. Typiquement l'éponge une fois amortie vous fera économiser toutes les futures éponges jetables que vous n'achèterez plus.
Les économies ne viennent pas forcément de chaque produit pris individuellement.
Un shampoing solide ne va pas forcément vous faire économiser énormément d’argent par rapport à votre shampoing habituel.
En revanche, si votre démarche vous amène progressivement à acheter moins de produits emballés, moins de jetable et moins de produits inutiles, c’est l’ensemble de votre façon de consommer qui peut devenir moins dépensier.
Mais si vous continuez à acheter exactement tout le reste comme avant en ajoutant juste 2 ou 3 consommables zéro déchet, vous ne verrez évidemment pas apparaître une énorme économie.
Le changement se fait dans la durée.
9. Les 10 produits les plus faciles à remplacer quand on débute
Vous voulez commencer mais vous ne savez vraiment pas quoi changer ?
Voici 10 idées parmi lesquelles choisir.
Attention : vous n’avez pas besoin de remplacer les 10.
Choisissez-en un.
| Ce que vous utilisez aujourd’hui | Ce que vous pouvez essayer |
|---|---|
| Bouteilles d’eau | Eau du robinet, éventuellement filtrée |
| Shampoing liquide | Shampoing solide |
| Lessive en bidon | Paillettes de lessive à dissoudre |
| Éponge jetable | Éponge lavable |
| Essuie-tout | Chiffons ou essuie-tout lavable |
| Film alimentaire | Charlotte textile |
| Papier aluminium | Boîte en verre |
| Cotons démaquillants jetables | Cotons lavables |
| Gel douche en flacon | Savon solide |
| Sacs de courses jetables | Sacs réutilisables |
Le plus important ?
Ne choisissez pas forcément celui qui semble le plus écologique sur le papier.
Choisissez celui que vous avez réellement envie de changer.
Parce qu'une nouvelle habitude que vous gardez pendant plusieurs années aura beaucoup plus d'intérêt qu'une alternative parfaite que vous abandonnez au bout de quinze jours.
10. Vous ne savez toujours pas par quoi commencer ? Faites votre diagnostic
Vous avez regardé votre poubelle et vous avez identifié plusieurs produits que vous aimeriez remplacer ?
C’est exactement pour ça que j’ai créé mon diagnostic zéro déchet.
L’idée est toute simple : vous indiquez ce que vous utilisez aujourd’hui et je vous aide à identifier par quoi vous pourriez le remplacer.
Pas besoin de vous demander pendant trois heures quelle alternative choisir.
Faites le quiz pour trouver vos premières alternatives zéro déchet
Et si vous préférez faire les choses vous-même, vous pouvez aussi simplement choisir votre premier changement parmi les 10 produits présentés juste au-dessus.
11. Et si vous commenciez simplement par un seul produit ?
Vous avez envie de tester plusieurs alternatives mais vous ne savez pas quoi choisir ?
C’est aussi l’idée de ma Box mensuelle zéro déchet personnalisée.
Le principe n’est pas de vous envoyer une boîte remplie de gadgets dont vous ne vous servirez jamais.
Vous indiquez vos besoins et vos habitudes, et vous recevez progressivement des produits utiles pour la maison, notamment pour la cuisine, la salle de bain ou la buanderie.
Vous pouvez ainsi découvrir de nouvelles alternatives sans avoir à chercher vous-même chaque produit.
12. Le plus important : commencez, puis continuez
Vous n’avez pas besoin d’avoir une poubelle qui tient dans un bocal pour avoir réussi une démarche zéro déchet.
Vous avez supprimé les bouteilles d’eau ?
C’est déjà ça.
Vous avez remplacé votre lessive en bidon ?
C’est déjà ça.
Vous utilisez une éponge lavable ?
C’est déjà ça.
Et demain, vous pourrez peut-être remplacer autre chose.
Je ne crois pas beaucoup aux défis compliqués ou à la compét' de celui qui aura la plus petite poubelle.
Si ça vous amuse de peser vos déchets ou de vous lancer un challenge, faites-le !
Mais pour moi, le plus important est ailleurs : avoir envie de mieux consommer et trouver des changements que l’on peut réellement garder dans le temps.
Le zéro déchet ne devrait pas être une compétition ou une quête de perfection... qui serait forcément intimidante et décourageante à la longue.
C'est simplement une façon de faire évoluer progressivement ses habitudes.
Ne cherchez pas à tout changer. Commencez par changer quelque chose. Puis recommencez.
